Le lyrisme slave de Rachmaninov face à la modernité française
Nelson Goerner, piano
Lionel Bringuier, direction
OPRL
Le lyrisme slave de Rachmaninov face à la modernité française
Ce programme réunit deux versants de la création du début du XXe siècle : l’épanchement romantique russe et l’effervescence stylistique de l’école française. Sous la direction de Lionel Bringuier, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège accueille le pianiste argentin Nelson Goerner, lauréat du Concours Franz Liszt en 1986 et Diapason d’Or à plusieurs reprises.
Nelson Goerner et son magnifique touché.
La force du piano
Au centre de la soirée, le Concerto n° 2, véritable sommet du romantisme, marque la renaissance créative de Rachmaninov. Après trois ans de silence et de dépression, c’est grâce à l’hypnose du Dr Dahl — à qui l’œuvre est dédiée — que le compositeur retrouve son souffle.
Dès l’ouverture, les accords profonds du piano évoquent les cloches de Moscou, signature d’une âme russe tourmentée. Entre mélancolie et puissance, le soliste s’immerge dans un flot d’arpèges infinis, laissant l’orchestre porter des thèmes d’un lyrisme devenu légendaire.
Une version emblématique du concerto : Evgeny Kissin
Laboratoires orchestraux
En regard, l’orchestre explore des textures plus contrastées. Avec Métaboles, Dutilleux propose une réflexion sur la transformation de la matière sonore. Cette précision d’orfèvre répond à la puissance de La tragédie de Salomé de Florent Schmitt. Créée en 1912, cette fresque symphonique marque une étape charnière : elle conjugue le raffinement hérité de Debussy à une énergie rythmique annonciatrice des révolutions de Stravinsky. Salomé y est dépeinte à travers des atmosphères orientalisantes où chaque pupitre illustre la fatalité du récit.
Durée : Environ 2h
Programme
Henri Dutilleux : Métaboles
Sergueï Rachmaninov : Concerto pour piano no2 en do mineur, op. 18
Florent Schmitt : La tragédie de Salomé op. 50
